Hommage à l'orchestre Tropicana d'Haïti
- Oct 10, 2015
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Le 26 septembre, au Karibe, beaucoup de Djo kannèl et de couples mélomanes ont répondu à l’appel de Ayiti Bèl pour rendre hommage à Tropicana. La soirée intitulée « Tropicana, un modèle de réussite » a été rehaussée par un ton de dialogue entre l’orchestre et la nouvelle génération d’artistes de divers genres.

Les musiciens de Tropicana arrivent tous dans un costume gris qui recouvre une chemise blanche dans le jardin du Karibe avant les 9/10 du public et les artistes devant les rendre hommage. C’est comme si des mariés arrivent à l’église avant le prêtre et tous les invités ! Une entrée triomphale était nécessaire pour ces hommes de mérite. Pour une soirée dont l’entrée était à 70 bons billets verts, on s’attendait à un public pas juste fortuné mais aussi cultivé à arriver à l’heure à un rendezvous. La salle vide a obligé l’équipe de Ayiti Bèl à procrastiner de deux heures. Mizik Mizik, du haut de ses 29 ans, a donc occupé ce temps avec un long test de son.

On ne partage pas non plus la déclaration de Caleb Desrameaux, MC de la soirée, soutenant que Tropicana ne peut être honoré dans un concert mais plutôt dans un bal. N’estce pas là le problème de la musique haïtienne ? N’est-elle faite que pour les bals ? Est-ce qu’on ne peut pas la rendre au niveau d’un spectacle pour tenter un tant soit peu de la commercialiser ? Autre faux pas de la soirée, le maestro Ti Blan, comme pris au dépourvu, se laisse aller à des digressions dans son allocution de remerciement juste après qu’on lui a tendu un tableau du groupe ainsi que notre Bicolore. « Nou merite sa, nou merite plus ke sa », lancetil sur un ton de personne frustrée. Ayiti Bèl pouvait éviter cela en décidant avec l’artiste (comme c’est le cas pour les Grammys) du contenu de son speech. Ces points faibles étant pointés du doigt, on peut alors passer aux points forts de cette noble initiative. Dans la première partie, on revisite les cinq décennies de l’orchestre à travers cinq de ses chansons, avec les voix d’artistes de la génération actuelle sous la mélodie du groupe Mizik Mizik.

BIC ouvre le bal avec « Mizè malere » pour la décennie 63-73.

Eric Charles chante « Pran Pasyans » pour la période 73-83. Shishie et Fatima reprennent ensemble « Pa twò prese » communément appelée « Labadi se paradi », pour les années 83-93. JeanJean Roosevelt s’occupe de la période 93-2003. Dans un cœur à cœur, l’ensemble des artistes reprend « Limonade ». En deuxième partie Tropicana fait danser les couples comme d’habitude qui ne descendent pas de la piste de danse. On apprécie le fait qu’Haïti Bèl a offert le drapeau Haïtien à l’orchestre qui est l’un de nos meilleurs ambassadeurs. A notre micro, les « jeunes » artistes présentent l’orchestre comme étant un modèle de longévité, de prestige, de constance qu’ils ont découvert grâce à leurs parents. Tous, ils s’estiment honorés d’être partie prenante d’une soirée en hommage à ce patrimoine culturel vivant.

Publié par Le Nouvelliste/ Ticket Magazine Haiti le 9/28/15
Photo by Chokarella

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